Saint-Cado : la justice confirme que le parking illégal devra être renaturé
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Le 3 juillet 2026, la Cour administrative d'appel de Nantes a confirmé une décision très attendue : le parking de Saint-Cado, sur la commune de Belz (Morbihan), devra être supprimé et le site remis dans son état naturel. Cette décision marque l'aboutissement de plusieurs années de procédures engagées notamment par la SCI Maryse, avec le soutien des associations UMIVEM et Les Amis des Chemins de Ronde (ACR).

L’aire de stationnement de Saint-Cado avait été aménagée par la commune de Belz en 2015.
Une longue bataille judiciaire
L'affaire trouve son origine dans l'aménagement d'un parking d'environ 150 places à proximité immédiate de la ria d'Étel, au cœur d'un espace naturel particulièrement protégé.
Le permis d'aménager avait déjà été annulé par le tribunal administratif, puis cette décision avait été confirmée en appel avant que le Conseil d'État ne refuse d'examiner un nouveau recours. Malgré ces décisions, les travaux avaient été réalisés, conduisant à une nouvelle procédure visant à obtenir la suppression des ouvrages et la renaturation complète du site.
La loi Littoral pleinement réaffirmée
Dans son arrêt, la Cour considère que les aménagements réalisés ne constituent pas une simple amélioration d'une aire de stationnement existante. Enrochements, réseaux enterrés, fondations, signalisation et équipements destinés à accueillir approximativement 150 véhicules ont profondément transformé un espace naturel remarquable.
Les juges rappellent que ces travaux ont été réalisés sans autorisation valable et qu'ils contreviennent aux dispositions de la loi Littoral. Ils estiment également que ces aménagements ne peuvent pas être qualifiés « d'aménagements légers » et qu'aucune régularisation n'est juridiquement possible.
Après avoir mis en balance les intérêts en présence, la Cour conclut que le maintien du parking ne se justifie pas au regard de l'intérêt général et confirme donc l'obligation de remettre le site dans son état naturel.
Une décision saluée par l'UMIVEM
Pour l'UMIVEM, cette décision constitue une victoire importante à l'occasion des 40 ans de la loi Littoral.
L'association rappelle que les élus locaux, comme tout maître d'ouvrage, sont tenus de respecter les règles d'urbanisme et de protection de l'environnement. Elle souligne que cette décision rappelle un principe fondamental : les espaces naturels remarquables du littoral ne peuvent être considérés comme des réserves foncières destinées à accueillir de nouveaux parkings.
L'UMIVEM estime que la renaturation du site contribuera à restaurer les fonctions écologiques de cet espace sensible, particulièrement exposé aux effets du changement climatique, et favorisera la préservation de la ria d'Étel, dont le patrimoine naturel est reconnu.
Pour Élodie Martinie-Cousty, présidente de l'UMIVEM :
« Les espaces naturels proches du rivage ne sont pas des réserves foncières pour créer des parkings. Les élus doivent réfléchir à la capacité d'accueil de leur territoire tout en préservant ces milieux fragiles. Les associations de protection de la nature sont là pour accompagner les collectivités afin de construire des communes plus résilientes face au changement climatique. » Un arrêt riche d'enseignements
Au-delà du cas de Saint-Cado, cette décision rappelle plusieurs principes essentiels :
la loi Littoral demeure un outil majeur de protection des espaces naturels côtiers ;
des travaux réalisés sans autorisation ne peuvent être maintenus lorsqu'ils portent atteinte à un site protégé ;
les besoins liés au tourisme ou au stationnement ne permettent pas, à eux seuls, de justifier une dérogation aux règles de protection du littoral ;
lorsque l'irrégularité ne peut être régularisée, le juge administratif peut ordonner la démolition des ouvrages et la remise en état naturel du site.
Cette décision constitue un nouveau rappel de l'importance de concilier l'accueil du public avec la préservation durable des espaces naturels, enjeu devenu central dans un contexte d'adaptation au changement climatique.
Lire le jugement de la cour d'Appel de Nantes



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